Urbi orbi

Le paysage, Clément Denis le peint à la manière d’un architecte paysagiste. Il est peu étonnant d’apprendre qu’avant la peinture, il s’adonnait à la composition végétale.La Nature est un élément moteur dans son travail. Elle sublime ses passions humaines. Les sujets surgissent dans ses paysages pour les habiter ou les hanter.
Le choix des couleurs n’est pas anodin : le rouge profond de sa série “Purgatoire” rappelle “le sang des souvenirs, du percement de l’âme” (Henri Michaux).Le vert, plus tendre, forme une forêt tropicale d’où les personnages d’Adam et Eve dans l’œuvre “Le chemin du silence” semblent sortir du cadre, comme n’appartenant pas à la scène.
Dans “Allégorie de la métempsychose”, Denis esquisse les contours d’une Inde fantasmée : forêt aux couleurs de jungle, anachronisme des personnages, juxtaposition d’histoires… Cette toile rappelle “L’équilibre du monde” de Rohinton Mistry. C’est une fresque, une parabole de la condition humaine, avec des personnages cachés dans les bosquets, des bâtisses au loin, comme des micro-villages du Moyen-Age français et une femme nue et soumise au second plan.A l’inverse de l’anachorète de Jérôme Bosch, dans la toile “La tentation de Saint-Antoine”, le sâdhu se tient au premier plan, à gauche, à la fois omniprésent, à la fois détaché des scènes alentours.La démarche de Clément Denis a évolué depuis ses premières toiles : à travers cette œuvre magistrale, il dépeint plusieurs histoires, à des époques différentes et offre plusieurs degrés d’interprétations de l’œuvre.

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